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Indemnités kilométriques en profession libérale (BNC) : le barème et ses règles

Architecte, consultant, avocat, géomètre ou formateur : en profession libérale au réel, vous pouvez évaluer vos frais de voiture au barème kilométrique. Mais l'option obéit à des règles précises, et une seule facture de carburant passée en charges suffit à la perdre. Voici lesquelles.

Véhicule d'un professionnel libéral en déplacement chez un client

Architecte en visite de chantier, consultant chez ses clients, géomètre sur le terrain, formateur d'un site à l'autre : en profession libérale, la voiture est souvent un outil de travail à part entière. Si vous relevez des bénéfices non commerciaux (BNC) au régime de la déclaration contrôlée, vous pouvez évaluer vos frais de voiture au barème kilométrique, les fameuses indemnités kilométriques, souvent abrégées IK.

C'est une simplification, mais pas une formalité. L'option obéit à des règles précises, et une erreur de comptabilité très courante suffit à la perdre.

Micro-BNC ou déclaration contrôlée : la question préalable

Tout dépend d'abord de votre régime.

En micro-BNC, vous ne déduisez aucun frais : l'abattement forfaitaire appliqué à vos recettes est réputé couvrir toutes vos charges, véhicule compris. Le détail est ici : frais kilométriques en auto-entrepreneur.

Au régime de la déclaration contrôlée, vous déduisez vos charges réelles. Pour la voiture, deux méthodes s'offrent alors à vous, exclusives l'une de l'autre : déduire les frais réellement engagés (carburant, entretien, assurance, amortissement), ou opter pour l'évaluation forfaitaire au barème kilométrique. C'est de cette option qu'il est question ici.

Qui peut opter pour le barème

L'option est ouverte si vous utilisez :

  • un véhicule dont vous êtes propriétaire, qu'il soit inscrit au registre des immobilisations ou conservé dans votre patrimoine privé ;
  • un véhicule pris en location ou en crédit-bail, à condition de renoncer à déduire les loyers.

Le montant s'obtient en appliquant le barème officiel au nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel, selon la puissance fiscale du véhicule. Le tableau complet est dans le barème kilométrique 2026 par chevaux fiscaux.

Les trois règles de l'option

Elle vaut pour l'année entière. Vous ne pouvez pas utiliser le barème six mois, puis passer aux frais réels. L'option peut en revanche être reconsidérée d'une année sur l'autre.

Elle vaut pour tous vos véhicules professionnels. Si vous en utilisez plusieurs, vous ne pouvez pas choisir le barème pour l'un et les frais réels pour l'autre.

Le barème s'applique véhicule par véhicule. Chaque véhicule est évalué séparément, selon sa propre puissance fiscale et ses propres kilomètres. On ne cumule pas les kilomètres de deux voitures pour les passer dans une seule formule.

Ce que le barème couvre, et ce qui s'y ajoute

Le barème couvre la dépréciation du véhicule, l'entretien et les réparations, les pneumatiques, le carburant et l'assurance.

S'y ajoutent, pour leur montant réel et sur justificatif :

  • les frais de stationnement, de parking et de garage liés à l'activité ;
  • les intérêts d'emprunt, pour leur part professionnelle, si le véhicule inscrit au registre des immobilisations a été acheté à crédit.

Le piège qui fait perdre l'option

C'est la règle la moins connue, et la plus coûteuse. Le barème est exclusif de toute comptabilisation en charges des dépenses qu'il couvre. Si vous passez en charges une facture de carburant, un entretien ou une prime d'assurance du véhicule, l'administration considère que vous avez renoncé à l'option.

En pratique, l'erreur arrive par réflexe comptable : le plein réglé avec la carte professionnelle, l'entretien enregistré avec les autres dépenses du mois. En cas de contrôle, c'est l'ensemble de l'évaluation forfaitaire qui peut être écarté, et il faut alors justifier vos frais réels, pièce par pièce.

La règle est simple à tenir si l'on sépare les deux flux dès le départ : les dépenses couvertes par le barème ne passent jamais en charges, et les kilomètres professionnels sont suivis à part, dans un relevé dédié.

Un exemple chiffré

Un architecte utilise un véhicule personnel de 5 CV et parcourt 9 000 km à titre professionnel dans l'année (chantiers, rendez-vous clients, réunions de coordination). Au barème 2026, il tombe dans la tranche de 5 001 à 20 000 km :

(9 000 × 0,357) + 1 395 = 4 608 €

Ses frais de stationnement sur les chantiers s'y ajoutent pour leur montant réel.

Avec deux véhicules, le calcul se fait séparément. Un 5 CV qui parcourt 6 000 km et un 4 CV qui en parcourt autant donnent :

  • 5 CV : (6 000 × 0,357) + 1 395 = 3 537 €
  • 4 CV : (6 000 × 0,340) + 1 330 = 3 370 €

Soit 6 907 € au total, chaque véhicule dans sa propre tranche.

Dans tous les cas, c'est le cumul annuel de chaque véhicule qui détermine la tranche, pas le trajet. Calculer trajet par trajet est l'erreur la plus répandue : le piège des 5 000 km.

Ce que vous devez pouvoir justifier

Vous indiquez sur votre déclaration le nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel et le tarif kilométrique appliqué. En cas de contrôle, vous devez pouvoir justifier ce kilométrage et l'usage professionnel du véhicule : un relevé daté de vos déplacements, avec pour chacun la date, le trajet, la distance et le motif.

Les trajets entre votre domicile et votre lieu d'exercice obéissent à des règles propres. C'est un point à valider avec votre expert-comptable ou votre association de gestion agréée plutôt qu'à trancher seul.

Sur ce qui rend un relevé solide, voir registre kilométrique et contrôle fiscal.

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