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Les indemnités kilométriques sont-elles imposables ? Les quatre cas

La réponse dépend entièrement de votre situation : salarié remboursé par votre employeur, indépendant au réel, micro-entrepreneur qui refacture. Dans certains cas les indemnités kilométriques ne sont pas imposables, dans d'autres elles le deviennent. Voici les quatre cas, et celui qui piège le plus de monde.

Traitement fiscal des indemnités kilométriques selon la situation du contribuable

« Est-ce que je dois déclarer mes indemnités kilométriques ? » La question revient constamment, et elle n'a pas une réponse mais quatre, selon votre situation. Dans certains cas les indemnités kilométriques, souvent abrégées IK, ne sont pas imposables. Dans d'autres elles le deviennent, parfois à cause d'un choix que vous avez fait vous-même sans en mesurer la conséquence.

Voici les quatre cas de figure.

Cas 1 : salarié remboursé par son employeur, sans frais réels

C'est la situation la plus courante. Votre employeur vous rembourse vos déplacements professionnels sur la base du barème kilométrique.

Dans ce cas, ces sommes ne sont pas imposables, à deux conditions : qu'elles correspondent à des déplacements professionnels réels, et qu'elles n'excèdent pas les limites du barème. Elles sont considérées comme un remboursement de frais, pas comme un complément de salaire. Vous n'avez rien à déclarer, et elles n'apparaissent normalement pas dans votre salaire imposable prérempli.

La logique est simple : l'employeur vous rembourse une dépense que vous avez avancée pour lui. Il n'y a pas d'enrichissement, donc pas de matière imposable.

Cas 2 : salarié remboursé qui opte pour les frais réels

C'est le piège, et il concerne beaucoup de monde chaque printemps.

Si vous optez pour la déduction de vos frais réels, vous devez réintégrer dans votre revenu imposable les remboursements que votre employeur vous a versés. Autrement dit, les IK redeviennent imposables.

Le raisonnement est cohérent, même s'il surprend : les frais réels vous permettent de déduire la dépense que vous avez supportée. Or si votre employeur vous l'a déjà remboursée, vous ne l'avez pas supportée. Déduire la dépense et conserver le remboursement en franchise d'impôt reviendrait à en profiter deux fois.

La conséquence pratique : quand vous comparez l'abattement de 10 % aux frais réels, vous devez tenir compte de cette réintégration. Un salarié déjà remboursé par son employeur a rarement intérêt à passer aux frais réels, précisément pour cette raison. La méthode de comparaison est détaillée dans frais réels ou abattement de 10 %, le calcul de bascule.

Cas 3 : indépendant au régime réel (BNC ou BIC)

Si vous exercez en libéral ou en entreprise individuelle au réel, la question se pose différemment. Vos indemnités kilométriques ne sont pas un revenu que vous percevez : c'est une charge que vous déduisez de votre résultat.

Elles ne sont donc pas « imposables » au sens où on l'entend habituellement. Elles viennent au contraire réduire votre bénéfice imposable. Personne ne vous verse quoi que ce soit ; vous constatez une dépense professionnelle, évaluée forfaitairement grâce au barème.

Ce qui compte alors, c'est que le montant soit juste et justifiable. Sur le calcul, voir le barème 2026 par chevaux fiscaux, et sur la preuve à conserver, ce qui rend un registre kilométrique opposable.

Cas 4 : micro-entrepreneur qui refacture ses déplacements

Voici le cas le plus mal compris, et celui qui coûte le plus cher quand il est ignoré.

En micro-entreprise, vous ne déduisez pas vos frais : l'abattement forfaitaire est censé les couvrir. Mais si vous refacturez vos déplacements à un client, la somme facturée entre dans votre chiffre d'affaires. Elle est donc bien prise en compte pour votre imposition, pour vos cotisations, et pour vos seuils de régime.

Ce n'est pas un remboursement neutre : c'est du chiffre d'affaires comme un autre. Un micro-entrepreneur qui refacture beaucoup de déplacements gonfle son chiffre d'affaires sans que cela corresponde à une marge, et se rapproche de ses plafonds plus vite qu'il ne le croit.

Le détail de ce mécanisme est traité dans frais kilométriques en auto-entrepreneur, ce qui s'applique et ce qui ne s'applique pas.

Le tableau récapitulatif

Votre situation Les IK sont-elles imposables ?
Salarié remboursé, abattement de 10 % Non, dans les limites du barème
Salarié remboursé, option frais réels Oui, à réintégrer au revenu imposable
Indépendant au réel (BNC, BIC) Non, c'est une charge déductible
Micro-entrepreneur qui refacture Oui, la refacturation entre dans le chiffre d'affaires

Le point commun aux quatre cas

Quelle que soit votre situation, la même exigence revient : le montant doit correspondre à des déplacements professionnels réels, calculés au barème officiel sur le cumul annuel et non trajet par trajet. C'est l'erreur qui fausse le plus de calculs, détaillée dans le piège des 5 000 km.

Et dans les quatre cas, c'est votre relevé de déplacements qui fait la preuve. Sans lui, un montant juste reste indéfendable.

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