Frais réels VTC 2026 : combien vous récupérez vraiment au barème kilométrique
Un chauffeur VTC roule beaucoup, et c'est précisément là que le calcul se joue. Voici comment le barème kilométrique s'applique sur une année à fort kilométrage, l'erreur de tranche qui fausse tout, et le montant que donne un exemple chiffré au barème 2026.

Un chauffeur VTC parcourt en une année ce qu'un salarié parcourt en cinq. C'est ce qui rend les frais réels intéressants pour cette activité, et c'est aussi ce qui rend le calcul piégeux : au-delà d'un certain kilométrage, le barème ne se lit plus du tout de la même façon. Beaucoup de calculs faits à la main se trompent sur ce point précis, et l'écart se chiffre en milliers d'euros.
Voici comment le barème s'applique réellement sur une année à fort kilométrage.
Le barème kilométrique n'est pas un tarif au kilomètre
C'est le malentendu de départ. On lit « 0,636 € par kilomètre » et on multiplie par son kilométrage annuel. Le résultat obtenu n'a aucun rapport avec ce que l'administration accepte.
Le barème est découpé en tranches de kilométrage annuel, et chaque tranche a sa propre formule. Pour une voiture, les seuils sont à 5 000 km et à 20 000 km. Au-delà de 20 000 km parcourus dans l'année, ce n'est plus le coefficient de la première tranche qui s'applique, mais un coefficient nettement plus bas.
Pour un véhicule de 5 CV, en barème 2026 :
| Kilométrage annuel | Formule applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 5 000 km | d × 0,636 |
| De 5 001 à 20 000 km | (d × 0,357) + 1 395 |
| Au-delà de 20 000 km | d × 0,427 |
d est la distance totale de l'année, pas la distance d'un trajet. Un chauffeur VTC est
presque toujours dans la troisième ligne du tableau.
L'erreur qui fausse tout : calculer trajet par trajet
C'est l'erreur la plus fréquente, et elle vient d'un réflexe logique. On tient un carnet de courses, chaque course fait 15 ou 40 km, donc chaque course reste largement sous les 5 000 km, donc on applique le coefficient de la première tranche à chacune, puis on additionne.
Sur 45 000 km annuels avec un 5 CV, cela donne :
- calcul trajet par trajet : 45 000 × 0,636 = 28 620 €
- calcul réel au cumul annuel : 45 000 × 0,427 = 19 215 €
Plus de 9 000 € d'écart, et le calcul le plus flatteur est le faux. Déclaré tel quel, c'est une surdéclaration de frais que le fisc rectifiera, avec les intérêts de retard qui vont avec.
La règle tient en une phrase : on additionne d'abord tous les kilomètres de l'année, puis on choisit la tranche, puis on applique la formule une seule fois.
Un exemple chiffré sur une année type
Prenons un chauffeur VTC en Île-de-France, véhicule personnel de 5 CV, activité à temps plein.
- kilomètres professionnels de l'année : 45 000 km
- puissance fiscale : 5 CV
- tranche applicable : au-delà de 20 000 km
- calcul : 45 000 × 0,427
Soit 19 215 € de frais kilométriques déductibles au titre de l'année.
La puissance fiscale change sensiblement le résultat, pour exactement le même kilométrage :
| Puissance fiscale | 45 000 km au barème 2026 |
|---|---|
| 4 CV | 18 315 € |
| 5 CV | 19 215 € |
| 6 CV | 20 115 € |
| 7 CV et plus | 21 150 € |
Un véhicule électrique bénéficie en plus d'une majoration de 20 % sur le montant obtenu.
Ce que le barème couvre : la dépréciation du véhicule, les réparations et l'entretien, les pneumatiques, le carburant ou l'électricité, et l'assurance. Vous ne pouvez donc pas déduire ces postes une seconde fois à côté. Ce qu'il ne couvre pas et qui reste déductible séparément : les péages, les frais de stationnement, et les intérêts d'emprunt si le véhicule a été acheté à crédit.
Frais réels ou abattement, la question qui suit
Un chauffeur VTC en micro-entreprise relève de l'abattement forfaitaire, pas des frais réels. Les deux régimes ne se cumulent pas : l'abattement est censé représenter la totalité de vos charges, kilomètres compris.
La bascule vers le régime réel se raisonne sur le total de vos charges réelles, dont le poste kilométrique est le plus lourd dans cette activité. Quand ce total dépasse durablement l'abattement, le régime réel devient la question à poser à votre comptable. Le calcul kilométrique ci-dessus vous donne le chiffre à mettre dans cette comparaison.
Ce que l'administration attend comme justificatif
Un montant sans justification ne vaut rien en cas de contrôle. Ce qui est attendu, c'est la preuve du kilométrage professionnel : un relevé daté des déplacements, avec pour chacun la date, le trajet, la distance et le motif professionnel, ainsi que les caractéristiques du véhicule utilisé.
Le point délicat est la tenue dans le temps. Reconstituer une année de courses au mois de mars, à partir d'un historique d'application et de souvenirs, produit un document fragile et coûte un week-end. Un relevé alimenté au fil de l'année est à la fois plus solide et moins pénible.
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